- Je ne pourrais jamais me plaindre d'une de tes visites. >>
La porte à peine entrouverte, le petit Néfus s'était engouffré dans la pièce sombre où dormaient déjà les 3 autres filles. Mais Elena, elle, était restée bloquée, la poignée dans la main, de dos à Alan.
La soirée allait donc se terminer. Il en était ainsi. N'était-ce pas un peu triste ?
Elena sentit le jeune homme l'enlacer par derrière, puis déposer un baiser dans son cou. Elle frissonna de ce contact soudain, pensant qu'il avait déjà rebroussé chemin. Elena posa sa main libre sur l'avant bras d'Alan, et appuya quelques brèves secondes sa tête contre celle de celui qui avait enfouie la sienne dans son cou.
<< Je n'ai pas envie de te quitter si tôt, moi non plus, mais il faut bien... allons, dépêche-toi avant que la lumière ne réveille tes camarades de
chambre.... >>
Oui, il avait raison. Elena enleva sa main du bras du jeune homme et poussa un peu plus la porte. Elle entra, se retournant finalement vers le jeune homme, se débrouillant de ne pas ouvrir la porte en grand.
<< On se reverra demain, d'accord ? >>
Elena lui sourit alors.
<< Oui, on se reverra demain. Je t'aime Alan. >>
Elle baissa les yeux, toujours sans effacer ce sourire si particulier, et ferma doucement la porte.
Quand cette dernière fut complètement refermée, la demoiselle s'y adossa et fit le point, en respirant un grand coup. Qui aurait cru que la première semaine de son arrivée au pensionnat, elle serait tombée sur lui. Et qu'en moins de quelques heures, elle eut su qu'il ne lui était pas indifférente ?
Se passant la main dans les cheveux, Elena enleva d'un geste rapide ses chaussures puis s'approcha de son lit, éclairé d'un mince filet de lumière venant de la fenêtre.
Elle s'assit sur son lit, regardant le petit Néfus qui sommeillait déjà, puis enleva sa robe. Elle attrapa la nuisette qui se trouvait sous son oreiller et, après s'être débarrassé de son soutien-gorge, l'enfila puis s'enfonça sous sa couette.
Elle ne fermait pas les yeux, non, elle regardait la lune qu'elle pouvait apercevoir dans le coin de la fenêtre. Peut-être était-elle un ange gardien cette dame Lune après tout...
Quand elle ferma enfin les yeux, après une bonne heure à se remémorer chacun des baisers qu'ils avaient échangés, elle savait de quoi serait peuplé ses rêves.